Microsoft 365 Copilot ouvre Researcher et Copilot Studio aux modèles Claude
Microsoft diversifie les modèles d’IA mobilisés dans Microsoft 365 Copilot avec Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1 d’Anthropic. Ces modèles sont destinés à Researcher et Copilot Studio, tandis que l’Agent Mode et l’Office Agent doivent étendre l’automatisation dans Word, Excel et PowerPoint.

Microsoft 365 Copilot ne repose plus uniquement sur l’écosystème d’OpenAI. Avec l’arrivée de Claude Sonnet 4 et de Claude Opus 4.1, deux modèles conçus par Anthropic, Microsoft élargit la palette d’intelligences artificielles accessibles depuis sa suite bureautique. L’enjeu est concret : proposer davantage de choix pour la recherche, la création d’agents personnalisés et l’exécution de tâches dans les outils de travail courants.
Cette évolution intervient alors que Microsoft fait de Copilot la porte d’entrée de l’IA dans Word, Excel, PowerPoint et les autres services de sa suite. Au 4 octobre 2025, le groupe ne présente pas Claude comme un remplaçant des modèles d’OpenAI, mais comme une capacité supplémentaire dans des usages précis. En parallèle, Microsoft introduit l’expression « vibe working » pour désigner une manière de travailler avec des agents capables de prendre en charge une partie d’un processus, à partir d’instructions formulées en langage courant.
Claude rejoint Microsoft 365 Copilot dans des usages ciblés
L’annonce porte sur deux modèles de la famille Claude : Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1. Tous deux sont développés par Anthropic, une entreprise spécialisée dans les modèles de langage génératifs, c’est-à-dire des systèmes capables de comprendre des consignes écrites, de synthétiser des informations et de générer du texte.
Dans Microsoft 365 Copilot, leur intégration ne signifie pas que chaque requête envoyée dans Word ou Excel basculera automatiquement vers Claude. Microsoft les destine d’abord à deux espaces de travail bien identifiés : Researcher, l’outil de recherche approfondie de Copilot, et Copilot Studio, le service qui sert à créer des agents personnalisés.
Cette précision est importante. Une suite bureautique alimentée par l’IA regroupe plusieurs fonctions, qui n’ont pas nécessairement les mêmes besoins. Un assistant chargé de résumer un document, un outil qui rassemble des informations pour une recherche, ou un agent configuré pour suivre une procédure interne ne mobilisent pas forcément le même modèle ni les mêmes réglages. En ouvrant certains de ces usages aux modèles d’Anthropic, Microsoft se donne donc une marge de manœuvre supplémentaire.
Researcher et Copilot Studio, les deux portes d’entrée de Claude
La première intégration concerne Researcher, une fonctionnalité destinée aux demandes de recherche complexes. Microsoft y prévoit l’emploi de Claude Opus 4.1. L’objectif est d’aider l’utilisateur à analyser des données internes, puis à les mettre en regard de sources externes afin de produire une réponse structurée.
Dans un contexte professionnel, une telle recherche peut partir de documents, de notes ou d’informations déjà disponibles au sein de l’organisation, puis les compléter par des éléments extérieurs. L’intérêt n’est pas seulement d’obtenir une synthèse rapide. Il s’agit surtout d’ordonner une demande qui peut comporter plusieurs étapes : comprendre la question, identifier les informations pertinentes, rapprocher les éléments et présenter le résultat de façon exploitable.
La seconde intégration se situe dans Copilot Studio. Cet outil permet de concevoir des agents personnalisés, autrement dit des assistants configurés pour un usage ou un processus particulier. Copilot Studio prend désormais en charge Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1.
Un agent personnalisé peut être conçu pour s’adapter à un cadre de travail précis : recueillir des informations selon un format défini, guider une personne dans une procédure, organiser des réponses ou assister la préparation d’un contenu. Le rôle de Copilot Studio est justement de permettre la conception de ces agents sans limiter les organisations à un seul modèle d’IA.
| Fonction de Microsoft 365 Copilot | Modèle Claude annoncé | Usage mis en avant par Microsoft | Ce que l’utilisateur peut en attendre |
|---|---|---|---|
| Researcher | Claude Opus 4.1 | Recherche complexe | Analyser des données internes en les combinant avec des sources externes |
| Copilot Studio | Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1 | Création d’agents personnalisés | Concevoir des assistants adaptés à des tâches ou processus spécifiques |
| Agent Mode dans Word et Excel | Non précisé dans l’annonce | Réalisation de processus de travail | Demander des analyses sans maîtriser toutes les formules ou méthodes |
| Office Agent dans le chat Copilot | Non précisé dans l’annonce | Création de fichiers | Préparer un document Word ou une présentation PowerPoint à partir d’une consigne |
Pourquoi Microsoft diversifie ses modèles d’intelligence artificielle
Microsoft 365 Copilot était jusqu’ici principalement associé aux modèles d’OpenAI. L’ouverture à Anthropic traduit donc un mouvement stratégique : celui d’une plateforme qui souhaite pouvoir mobiliser plusieurs fournisseurs de modèles, selon les fonctions proposées et les besoins de ses utilisateurs.
Cette diversification ne met pas fin à la relation entre Microsoft et OpenAI. Le partenariat se poursuit, mais l’intégration de Claude montre que Microsoft cherche aussi à réduire sa dépendance à une source unique de modèles. Pour les entreprises clientes, l’intérêt potentiel réside dans l’élargissement des outils disponibles au sein d’un environnement de travail déjà utilisé au quotidien.
Il ne faut toutefois pas confondre diversité des modèles et simplicité automatique. La multiplication des options peut améliorer la flexibilité d’une plateforme, mais elle impose aussi de comprendre quel outil convient à quelle tâche. Une recherche à fort enjeu, par exemple, doit toujours être relue et vérifiée par la personne qui l’utilise, même lorsqu’elle est préparée par un assistant IA.
Deux évolutions complémentaires dans Microsoft 365 Copilot
Les modèles Claude
- Claude Opus 4.1 est annoncé dans Researcher pour les recherches complexes.
- Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1 arrivent dans Copilot Studio.
- Ils complètent les modèles d’OpenAI déjà mobilisés dans Copilot.
- L’objectif est de diversifier les modèles disponibles dans la suite Microsoft 365.
Les agents de travail
- Agent Mode intervient dans Word et Excel pour accompagner un processus de travail.
- Office Agent crée un document Word ou une présentation depuis le chat Copilot.
- Ces outils incarnent le concept de « vibe working » présenté par Microsoft.
- L’Office Agent reste réservé aux utilisateurs situés aux États-Unis.
Le « vibe working », une promesse d’agents plus présents dans les logiciels de bureau
Microsoft accompagne ces annonces d’un nouveau terme : le « vibe working ». L’expression s’inspire du « vibe coding », une approche dans laquelle une personne décrit en langage naturel ce qu’elle veut réaliser, puis s’appuie sur l’IA pour produire ou transformer une partie du résultat.
Transposé au travail de bureau, le principe consiste à demander à un agent de prendre en charge une série d’opérations plutôt que de réaliser manuellement chaque action dans un logiciel. L’utilisateur formule son objectif, apporte les éléments nécessaires et garde la responsabilité du résultat. L’agent doit alors comprendre la demande, rassembler les informations utiles et contribuer à la production attendue.
Microsoft associe cette évolution à l’arrivée de nouveaux outils dans Word, Excel et PowerPoint. Le but affiché est de rendre la gestion de tâches complexes plus fluide, notamment pour les personnes qui ne maîtrisent pas toutes les fonctions avancées de ces logiciels.
Cette approche peut être particulièrement utile dans Excel. Construire une analyse suppose souvent de connaître des formules, des tableaux ou des méthodes de calcul. Avec un agent, l’utilisateur peut exprimer son besoin avec ses propres mots, par exemple demander l’identification de tendances dans un fichier, au lieu de savoir d’emblée quelles fonctions utiliser.
Agent Mode et Office Agent, deux façons d’automatiser le travail
Microsoft distingue deux outils dans cette nouvelle organisation : Agent Mode et Office Agent. Ils n’interviennent pas au même endroit et ne poursuivent pas exactement le même objectif.
L’Agent Mode est intégré à Word et Excel. Il est conçu pour prendre en charge un processus de travail dans son ensemble à partir d’une demande. Dans Excel, l’exemple donné par Microsoft est l’analyse d’un fichier afin d’en identifier les tendances, sans que l’utilisateur ait besoin de connaître les formules par cœur. Dans Word, la logique est similaire : partir d’une intention ou d’un contenu, puis laisser l’outil accompagner les étapes nécessaires à la production ou à l’analyse.
L’Office Agent fonctionne pour sa part dans le chat de Copilot. L’utilisateur lui expose son besoin au cours de la conversation. L’agent doit comprendre les consignes, collecter et organiser les informations nécessaires, puis les transformer en un document Word ou une présentation PowerPoint.
La différence est donc assez nette. Agent Mode agit au sein des applications de production, notamment Word et Excel, pour aider à mener une tâche. Office Agent commence dans l’espace de discussion de Copilot et vise la création d’un livrable, tel qu’un document ou une présentation.
À qui ces fonctions sont-elles ouvertes ?
Les modalités d’accès ne sont pas identiques selon les outils. Agent Mode est déjà accessible aux clients disposant d’une licence Microsoft 365 Copilot. Microsoft indique également que les abonnés aux offres Microsoft 365 Personnel, Famille et Premium peuvent en bénéficier.
Pour l’intégration des modèles Claude, l’accès est présenté comme disponible aux clients possédant une licence Microsoft 365 Copilot via le programme Frontier. Ce dispositif correspond à une diffusion encadrée des nouveautés auprès des utilisateurs concernés.
L’Office Agent, lui, demeure à ce stade limité aux utilisateurs situés aux États-Unis. Cette restriction géographique rappelle que le déploiement des fonctions d’IA dans les logiciels grand public et professionnels se fait généralement par étapes. Les outils peuvent être lancés dans une zone ou auprès d’un groupe d’utilisateurs, avant une éventuelle extension à d’autres marchés.
Ce que les utilisateurs doivent vérifier avant de s’en servir
Pour les utilisateurs, l’intérêt de ces nouveautés dépendra moins du nom du modèle utilisé que de leur capacité à accomplir une tâche de façon fiable et compréhensible. Researcher, Copilot Studio, Agent Mode et Office Agent répondent chacun à un besoin différent. Les identifier évite d’attendre d’un outil de création de documents qu’il mène une recherche complète, ou d’un agent de recherche qu’il applique une procédure interne sans paramétrage.
Quelques réflexes restent essentiels dans un usage professionnel :
- vérifier les chiffres, les dates et les citations produits dans une synthèse ;
- relire les documents et présentations avant de les transmettre ;
- définir clairement l’objectif, le public visé et les contraintes dans la consigne ;
- contrôler les informations fournies à l’agent, particulièrement lorsqu’elles proviennent de fichiers de travail ;
- tester les agents personnalisés sur des cas simples avant de leur confier des tâches plus importantes.
L’IA générative peut accélérer la première version d’un document, aider à explorer un tableau complexe ou structurer une recherche. Elle ne dispense pas de juger la pertinence du résultat. Plus une demande concerne des informations sensibles, des décisions financières, juridiques ou organisationnelles, plus la validation humaine est nécessaire.
Ce qu’il faut surveiller après cette ouverture à Anthropic
L’intégration de Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4.1 dans Microsoft 365 Copilot constitue un signal fort : les grandes plateformes de productivité peuvent désormais chercher à combiner plusieurs modèles plutôt qu’à s’appuyer sur un seul partenaire. Pour Microsoft, l’enjeu est de proposer une offre plus flexible tout en conservant Copilot comme interface centrale de travail.
Les utilisateurs devront surveiller trois éléments. D’abord, l’élargissement éventuel de l’accès à Claude au-delà du programme Frontier. Ensuite, la disponibilité géographique de l’Office Agent, encore limitée aux États-Unis au moment de la publication. Enfin, la manière dont Microsoft précisera les possibilités concrètes offertes par ses différents agents dans Word, Excel et PowerPoint.
La promesse du « vibe working » est celle d’un travail où l’on décrit davantage ce que l’on veut accomplir, et où les logiciels exécutent une part croissante des étapes. Son utilité réelle se mesurera à la qualité des résultats, à la clarté des contrôles proposés aux utilisateurs et à la capacité de chacun à conserver la maîtrise de ses données et de ses décisions.
Questions fréquentes
Quels modèles Claude sont intégrés à Microsoft 365 Copilot ?
Microsoft annonce l’intégration de Claude Sonnet 4 et de Claude Opus 4.1, deux modèles développés par Anthropic. Claude Opus 4.1 est destiné à Researcher pour les recherches complexes. Les deux modèles, Sonnet 4 et Opus 4.1, sont utilisables dans Copilot Studio afin de concevoir des agents personnalisés.
Claude remplace-t-il OpenAI dans Microsoft 365 Copilot ?
Non. L’arrivée des modèles Claude ne signifie pas l’abandon des modèles d’OpenAI. Microsoft présente cette évolution comme une diversification de son offre d’intelligence artificielle. Son partenariat avec OpenAI se poursuit, tandis que des modèles d’Anthropic sont ajoutés pour certains usages, notamment Researcher et Copilot Studio.
À quoi sert Researcher dans Microsoft 365 Copilot ?
Researcher est conçu pour les demandes nécessitant une recherche approfondie. Avec Claude Opus 4.1, Microsoft indique qu’il peut aider à analyser des données internes et à les combiner avec des sources externes. Le résultat reste à contrôler par l’utilisateur, surtout lorsque la recherche contient des chiffres, des décisions ou des informations importantes.
Quelle est la différence entre Agent Mode et Office Agent ?
Agent Mode est intégré à Word et Excel. Il aide à réaliser un processus de travail, par exemple l’identification de tendances dans un fichier Excel sans connaître les formules. Office Agent se trouve dans le chat Copilot : il interprète une consigne et organise les éléments nécessaires pour produire un document Word ou une présentation PowerPoint.
Qui peut utiliser l’Office Agent de Microsoft 365 Copilot ?
Au 4 octobre 2025, Office Agent est réservé aux utilisateurs basés aux États-Unis. Agent Mode est plus largement accessible : Microsoft l’indique pour les titulaires d’une licence Microsoft 365 Copilot, ainsi que pour les abonnés Microsoft 365 Personnel, Famille et Premium. Les conditions peuvent différer selon les fonctionnalités.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Microsoft 365 Blog, annonces et évolutions de Copilotwww.microsoft.com/en-us/microsoft-365/blog
- Microsoft 365 Copilot, présentation officiellewww.microsoft.com/en-us/microsoft-365/copilot
- Anthropic, présentation des modèles Claudewww.anthropic.com/claude



