Cybersécurité : les certifications IA gagnent du terrain chez les jeunes talents
Dans une enquête de Saviynt, de jeunes diplômés et professionnels en début de carrière voient les certifications comme un signal fort pour l’emploi. L’intelligence artificielle et la sécurité des identités se rapprochent, sur fond de pénurie de compétences. Mais une qualification ne remplace ni l’expérience ni la capacité à protéger concrètement une organisation.

L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement les attaques et les outils de défense : elle modifie aussi les compétences que les débutants cherchent à faire reconnaître. Dans la cybersécurité, les certifications intégrant l’IA sont de plus en plus perçues comme un moyen de structurer un parcours professionnel, de mieux comprendre les nouveaux risques et de se distinguer dans un secteur où les postes qualifiés restent difficiles à pourvoir.
Cette tendance ressort d’une enquête menée par Saviynt, éditeur de plateformes cloud dédiées aux identités et à leur gouvernance, auprès de jeunes diplômés et de professionnels en début de carrière. Les résultats ne mesurent pas directement les pratiques de recrutement des entreprises : ils décrivent avant tout la perception des personnes interrogées. Ils donnent néanmoins une indication claire sur les attentes qui s’installent chez les nouveaux entrants de la filière.
Des certifications perçues comme un signal fort sur le marché de l’emploi
Le chiffre le plus frappant de l’enquête est le suivant : 94 % des participants estiment que les employeurs préfèrent recruter des candidats certifiés. Il faut lire ce résultat pour ce qu’il est. Il ne signifie pas que 94 % des recruteurs imposent une certification, ni qu’un diplôme ou un badge garantit une embauche. Il montre en revanche que, pour une grande majorité des répondants, la certification est devenue un repère crédible dans un univers technique vaste et mouvant.
La cybersécurité rassemble en effet des métiers très différents : analyste chargé de surveiller les alertes, spécialiste des réseaux, ingénieur sécurité cloud, expert en réponse aux incidents, responsable de la gouvernance des accès ou encore architecte des identités. Face à cette diversité, une certification peut rendre plus lisible un socle de connaissances, à condition que son contenu soit adapté au poste visé.
Dans l’étude de Saviynt, 69 % des répondants déclarent déjà posséder des certifications en cybersécurité. Cette proportion traduit une logique de formation continue particulièrement présente dans le secteur. Les outils évoluent, les environnements cloud se multiplient, les organisations connectent davantage de services et les méthodes d’attaque changent. Un apprentissage acquis une fois pour toutes ne suffit donc pas toujours à suivre le rythme.
Les éléments disponibles ne précisent pas la taille de l’échantillon, les pays représentés ni la méthode détaillée de l’enquête. Cette limite n’invalide pas l’intérêt des réponses, mais elle invite à ne pas transformer une perception de marché en règle universelle.
Ce que disent les chiffres de l’enquête Saviynt
Les données communiquées dessinent un lien étroit entre certification, intérêt pour l’IA et orientation vers la sécurité des identités. Elles permettent de distinguer ce qui relève d’une détention effective de qualifications, d’une appréciation de leur utilité et d’un effet déclaré sur la confiance professionnelle.
| Indicateur cité | Résultat | Ce qu’il permet de comprendre |
|---|---|---|
| Participants jugeant que les employeurs préfèrent les candidats certifiés | 94 % | La certification est largement perçue comme un avantage au recrutement. |
| Participants détenant déjà des certifications en cybersécurité | 69 % | Les qualifications font déjà partie du parcours d’une majorité des répondants. |
| Participants jugeant la formation IA extrêmement pertinente | 52 % | L’IA est considérée comme une compétence importante, sans faire consensus absolu. |
| Participants disant que l’ISAA a renforcé leur confiance professionnelle | Près de 64 % | Une formation peut aussi jouer un rôle d’orientation et de préparation perçue. |
| Professionnels estimant que le déficit de compétences nuit fortement à la sécurité, selon ISC2 | Près de 60 % | La pénurie concerne aussi l’adéquation entre les savoir-faire disponibles et les besoins. |
Le résultat de 52 % mérite une attention particulière. Un peu plus de la moitié des répondants qualifient la formation centrée sur l’IA d’« extrêmement pertinente ». L’intelligence artificielle apparaît donc comme une priorité forte, mais pas comme l’unique compétence à acquérir. Les fondamentaux restent déterminants : réseaux, systèmes, protection des données, gestion des vulnérabilités, cryptographie, journalisation des événements ou encore gestion des accès.
Autrement dit, apprendre l’IA sans connaître les principes de sécurité ne prépare pas à sécuriser une organisation. À l’inverse, ignorer l’IA peut rendre plus difficile la compréhension d’outils et de risques désormais présents dans de nombreux environnements numériques.
Pourquoi l’IA et la sécurité des identités se rapprochent
Saviynt met en avant son programme ISAA, pour Identity Security for the AI Age, centré sur la sécurité des identités à l’ère de l’intelligence artificielle. Derrière cette expression se trouve une question très concrète : qui peut accéder à quoi, dans quelles conditions, et comment l’organisation vérifie-t-elle que ces accès restent légitimes ?
La sécurité des identités, souvent désignée par l’acronyme IAM pour Identity and Access Management, repose notamment sur l’authentification, l’attribution des droits, la limitation des privilèges et la révision des accès. Elle concerne les salariés, les prestataires, les administrateurs, mais aussi les comptes de service et les applications. Dans une organisation, une identité compromise ou trop largement autorisée peut devenir une porte d’entrée critique.
L’IA rend ce sujet encore plus visible pour plusieurs raisons :
- les outils d’IA peuvent traiter des informations sensibles et doivent donc être accessibles aux seules personnes autorisées ;
- les agents logiciels et les applications automatisées ont eux aussi besoin d’identités, de droits et de contrôles ;
- l’IA peut aider les équipes de sécurité à repérer des comportements inhabituels, à prioriser des alertes ou à analyser de grands volumes de journaux techniques ;
- les attaquants peuvent également exploiter l’automatisation pour accélérer certaines campagnes ou rendre des tentatives de fraude plus convaincantes.
La certification présentée par Saviynt vise ainsi un point de rencontre entre deux domaines : comprendre les enjeux de l’IA et savoir protéger les identités qui donnent accès aux ressources numériques. Pour les candidats intéressés par l’administration des droits, la gouvernance des accès ou la sécurité cloud, cette spécialisation peut apporter un vocabulaire et un cadre de travail utiles.
Une certification ne remplace pas l’expérience du terrain
L’intérêt d’une certification ne doit pas être confondu avec une preuve complète de compétence opérationnelle. Une qualification atteste généralement qu’une personne a suivi un programme ou réussi une évaluation portant sur un corpus de connaissances. Elle ne permet pas, à elle seule, de démontrer la capacité à gérer un incident réel, à configurer un environnement complexe, à communiquer avec une direction ou à arbitrer entre sécurité, coût et continuité d’activité.
Dans la cybersécurité, les recruteurs et les responsables d’équipe recherchent souvent un assemblage de compétences : bases techniques, compréhension des risques, rigueur documentaire, aptitude à collaborer et expérience pratique. Un projet personnel, un laboratoire de test, un stage, une alternance ou la participation encadrée à des exercices de sécurité peuvent compléter utilement une certification.
Le choix d’une formation mérite donc quelques vérifications simples. Il est préférable d’examiner le programme détaillé, le niveau de prérequis, la part consacrée à la pratique, les modalités d’évaluation et la cohérence avec le métier recherché. Le prestige supposé d’un intitulé compte moins que la capacité de la formation à apporter des connaissances applicables.
L’effet sur la confiance, un enjeu réel pour les débutants
Selon Saviynt, près de 64 % des personnes interrogées disent que la certification ISAA a accru leur confiance dans la perspective d’une carrière en gestion de la sécurité des identités. Cet effet est important, notamment pour les personnes qui arrivent dans un domaine réputé technique et parfois difficile d’accès.
La confiance ne doit pas être interprétée comme un substitut à l’expertise. Elle peut toutefois encourager un candidat à postuler à un premier poste, à mieux présenter ses acquis lors d’un entretien ou à poursuivre vers une spécialisation. Une formation structurée fournit des repères : notions à maîtriser, cas d’usage, vocabulaire professionnel et vision plus claire des rôles existants.
Les partenariats évoqués par Saviynt avec des établissements universitaires répondent à cette logique. L’objectif est d’introduire plus tôt les compétences liées à l’IA et à la sécurité des identités dans les parcours de formation. Pour les étudiants, l’enjeu est d’arriver sur le marché du travail avec une première compréhension de problématiques que les entreprises rencontrent déjà.
Cette approche peut aussi contribuer à élargir les profils qui accèdent à la cybersécurité. Le secteur ne se limite pas à des experts issus de parcours informatiques très spécialisés. Les métiers de la gouvernance, du risque, de la conformité, de la protection des données et de la gestion des identités demandent aussi des capacités d’analyse, d’organisation et de dialogue avec les équipes métiers.
La pénurie porte aussi sur les compétences disponibles
La pénurie de talents en cybersécurité ne se résume pas au nombre de postes ouverts. Elle concerne la difficulté à trouver des personnes disposant des compétences adaptées aux besoins d’une organisation. Les technologies se diversifient, les infrastructures se déplacent vers le cloud, les partenaires et les applications externes se multiplient, tandis que les menaces évoluent.
Saviynt s’appuie à ce titre sur des données d’ISC2 : près de 60 % des professionnels de la cybersécurité estimeraient que le manque de compétences affecte significativement la capacité de leur organisation à se protéger. Ce constat explique l’intérêt pour des parcours plus ciblés, capables de former ou de remettre à niveau les professionnels sur des sujets émergents.
Pour autant, aucune certification ne peut combler seule un déficit de compétences à l’échelle d’une entreprise. La formation doit s’accompagner de temps consacré à la pratique, d’outils adaptés, de processus de sécurité clairs et d’un soutien du management. Une équipe mieux certifiée mais privée de moyens, de procédures ou de visibilité sur ses systèmes ne sera pas automatiquement plus efficace.
L’enjeu est donc double : aider les individus à développer des compétences vérifiables et permettre aux organisations de créer des conditions dans lesquelles ces compétences peuvent réellement être employées.
Comment évaluer l’utilité d’une certification IA en cybersécurité ?
Avant de consacrer du temps ou de l’argent à une certification, il est utile de partir du métier visé plutôt que du seul mot-clé « IA ». Les certifications les plus pertinentes ne sont pas forcément les plus générales. Elles sont celles qui éclairent une tâche professionnelle identifiable.
Pour une personne attirée par la sécurité des identités, une formation sur la gouvernance des accès, les privilèges, les identités non humaines ou les usages sécurisés des outils d’IA peut être cohérente. Pour un profil souhaitant travailler dans l’analyse d’incidents, l’intérêt pourra davantage résider dans les techniques de détection, l’analyse de journaux et la compréhension des comportements adverses. Dans tous les cas, l’IA doit compléter un socle de cybersécurité, et non l’effacer.
Quelques critères permettent d’éviter une décision guidée seulement par la promesse d’un meilleur emploi :
- vérifier que le programme détaille les compétences enseignées et les prérequis ;
- chercher un équilibre entre principes théoriques et mises en situation ;
- identifier les métiers auxquels la certification se rattache réellement ;
- prévoir comment démontrer les acquis au-delà du certificat, par des projets ou une expérience pratique ;
- conserver une démarche de mise à jour régulière des connaissances.
Ce qu’il faut surveiller dans les formations IA et cybersécurité
À mesure que l’IA s’intègre aux activités des organisations, les formations qui relient cette technologie à des problématiques de sécurité devraient se multiplier. Le risque sera alors de voir apparaître des intitulés séduisants mais trop vagues, utilisant l’IA comme argument commercial sans apporter de compétences clairement définies.
Les candidats gagneront à privilégier les programmes qui expliquent précisément ce qu’ils enseignent : protection des données utilisées par les systèmes d’IA, contrôle des accès, gouvernance, détection d’anomalies, gestion des risques ou sécurité des environnements cloud. Les employeurs, de leur côté, devront préciser les compétences attendues plutôt que d’exiger indistinctement des certifications.
L’enquête de Saviynt montre que les jeunes professionnels associent déjà fortement certification et employabilité. La suite dépendra moins de la multiplication des badges que de leur qualité, de leur adéquation avec les métiers et de la capacité des entreprises à donner aux talents formés un terrain où exercer réellement leurs compétences.
Questions fréquentes
Les certifications en IA sont-elles indispensables pour travailler en cybersécurité ?
Non. L’enquête de Saviynt montre qu’elles sont largement perçues comme un avantage, mais elle ne prouve pas qu’elles soient obligatoires pour tous les emplois. Les fondamentaux de la cybersécurité, l’expérience pratique et l’adéquation avec le poste visé restent essentiels. Une certification IA est surtout pertinente lorsqu’elle complète un projet professionnel précis.
Les employeurs préfèrent-ils vraiment les candidats certifiés en cybersécurité ?
Selon l’enquête de Saviynt, 94 % des participants pensent que les employeurs préfèrent recruter des candidats certifiés. Il s’agit toutefois de la perception de jeunes diplômés et de professionnels en début de carrière, non d’une enquête directe auprès des recruteurs. Une certification peut faciliter la lecture d’un profil, sans garantir une embauche.
Qu’est-ce que la sécurité des identités en cybersécurité ?
La sécurité des identités consiste à contrôler les accès aux systèmes et aux données. Elle couvre notamment l’authentification, l’attribution des droits, la limitation des privilèges et la vérification régulière des accès. Elle concerne les salariés, les prestataires, les applications et les comptes techniques, qui doivent tous recevoir des autorisations adaptées à leurs missions.
Que signifie la certification ISAA de Saviynt ?
ISAA signifie Identity Security for the AI Age. Selon Saviynt, ce programme associe des compétences liées à l’intelligence artificielle et à la sécurité des identités. Dans l’enquête citée, près de 64 % des participants déclarent que cette certification a renforcé leur confiance pour envisager une carrière dans la gestion de la sécurité des identités.
Comment choisir une certification IA utile en cybersécurité ?
Il faut commencer par le métier ciblé, puis vérifier le contenu du programme, les prérequis, les modalités d’évaluation et la place donnée à la pratique. Une certification utile doit approfondir des compétences applicables, par exemple la gouvernance des accès ou la protection des données, et s’ajouter à une base solide en cybersécurité.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Saviynt, présentation de l’entreprise et de ses solutions de sécurité des identitéssaviynt.com
- ISC2, travaux de recherche sur la main-d’œuvre en cybersécuritéwww.isc2.org/research



