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ChatGPT, deux ans après : comment le chatbot d’OpenAI a changé l’IA

Lancé le 30 novembre 2022, ChatGPT a fait basculer l’intelligence artificielle générative dans les usages du grand public. Deux ans plus tard, OpenAI revendique plus de 200 millions d’utilisateurs hebdomadaires. GPT-4o, analyse d’images, mémoire et voix avancée ont élargi ses usages, sans faire disparaître les questions de fiabilité, de droits et de coût.

Une personne échange avec un assistant IA sur ordinateur, avec un document et une image à analyser.
Illustration : Actu.ai

Le 30 novembre 2022, OpenAI mettait ChatGPT à la disposition du grand public. En quelques secondes, chacun pouvait dialoguer avec un système capable de rédiger, résumer, expliquer ou proposer des idées dans une interface d’une simplicité inhabituelle. Deux ans plus tard, le chatbot est devenu pour une partie du public la porte d’entrée la plus visible vers l’intelligence artificielle générative, avec un effet durable sur les pratiques de recherche, d’écriture et d’assistance numérique.

Cette popularité ne signifie pas que ChatGPT est infaillible, ni qu’il résume à lui seul l’IA. Elle montre en revanche qu’un outil fondé sur de grands modèles de langage peut sortir des laboratoires et devenir un produit de masse. Au 30 novembre 2024, son évolution se lit autant dans ses nouveaux modes d’interaction que dans les questions qu’il soulève : concurrence, coût de l’infrastructure, droits d’auteur, confiance dans les réponses et place de l’IA dans l’éducation ou le travail.

Deux ans pour devenir une porte d’entrée vers l’IA générative

ChatGPT n’a pas inventé l’intelligence artificielle conversationnelle. Son apport décisif a été de rendre cette technologie immédiatement accessible : une question formulée en langage courant suffit pour commencer. L’utilisateur n’a pas besoin de connaître un langage de programmation, ni de manipuler des paramètres techniques, pour demander une synthèse, une reformulation, un plan, des pistes de réflexion ou l’explication d’un sujet.

Derrière cette facilité se trouve un grand modèle de langage. Son principe est de produire la suite de texte la plus plausible au regard de la demande et du contexte de la conversation. Cette mécanique peut donner des réponses très fluides, mais elle ne constitue pas une garantie de vérité. Le système peut se tromper, simplifier à l’excès ou inventer une référence qui paraît crédible. C’est pourquoi l’aisance rédactionnelle de ChatGPT ne doit jamais dispenser de vérifier une information importante.

L’ampleur prise par le service en deux ans est résumée par les indicateurs disponibles à l’automne 2024. Ils mesurent des réalités différentes : les utilisateurs hebdomadaires ne correspondent pas aux visites mensuelles, car une même personne peut ouvrir le site plusieurs fois.

IndicateurNiveau cité dans le bilanCe qu’il mesure réellement
Utilisateurs chaque semainePlus de 200 millionsLe nombre de personnes qui utilisent ChatGPT sur une semaine
Visites mensuelles de chatgpt.comPlus de 3 milliards en septembre 2024Le volume de sessions sur le site, et non le nombre de visiteurs uniques
Classement du siteTop 10 mondial citéUn marqueur de visibilité web, qui peut varier selon la méthode de mesure

Avec plus de 200 millions d’utilisateurs hebdomadaires, ChatGPT s’est ainsi installé bien au-delà du cercle des passionnés de technologie. Le cap des 3 milliards de visites mensuelles franchi en septembre 2024 illustre aussi un changement d’habitude : pour certaines tâches, le dialogue avec une IA complète désormais les moteurs de recherche, les outils bureautiques et les services de rédaction traditionnels.

Les fonctionnalités qui ont changé l’expérience en 2024

L’année 2024 a été marquée par l’élargissement des capacités de ChatGPT. Le modèle GPT-4o a constitué une étape importante dans cette évolution. Il vise à rendre les échanges plus rapides et à mieux gérer plusieurs formes d’information, notamment le texte, l’image et la voix. Pour le grand public, l’enjeu est moins le nom technique du modèle que le changement d’usage : une conversation peut désormais s’appuyer sur un document visuel ou se poursuivre oralement.

L’analyse d’images ouvre, par exemple, la voie à des demandes plus concrètes. Une personne peut soumettre une photographie, une capture d’écran ou un schéma et demander une explication, une description ou de l’aide pour en extraire les éléments importants. Cette faculté peut faire gagner du temps, mais ses limites restent les mêmes : une image mal lisible, un contexte absent ou une interprétation erronée peuvent produire une réponse trompeuse.

La mémoire permanente fait également évoluer la relation à l’outil. Plutôt que de repartir systématiquement de zéro, ChatGPT peut conserver certains éléments utiles à la continuité des échanges. Le service devient alors plus personnalisé, ce qui est pratique pour suivre un projet, un ton de rédaction ou des préférences récurrentes. Cette personnalisation rappelle aussi une règle essentielle : il faut réfléchir aux informations que l’on confie à un assistant numérique, en particulier lorsqu’elles sont personnelles, confidentielles ou professionnelles.

Autre changement très visible, le mode vocal avancé cherche à rendre le dialogue plus naturel. Au lieu d’écrire une succession de messages, l’utilisateur peut converser avec une voix générée par l’IA. Le système peut adopter un rythme plus proche d’un échange oral, avec des intonations, des émotions simulées et certains signaux non verbaux. Cette fluidité rend l’expérience plus immédiate, mais ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un logiciel, sans compréhension humaine ni intention propre.

Le GPT Store, qui donne accès à des chatbots personnalisés, participe à la même logique. Il permet de décliner l’assistant selon un besoin ou un domaine. L’idée est de faire passer ChatGPT du statut de boîte de dialogue généraliste à celui de plateforme proposant des assistants plus spécialisés.

ChatGPT reste en tête, mais la concurrence s’organise

La position acquise par OpenAI attire naturellement les concurrents. Deux noms ressortent particulièrement dans ce paysage : Claude, développé par Anthropic, et Perplexity, un service de recherche assistée par IA. Ils ne répondent pas exactement aux mêmes usages, mais leur progression rappelle qu’aucun acteur ne possède seul l’avenir de l’assistance conversationnelle.

Claude est présenté comme un rival direct dans l’univers des chatbots génératifs. Perplexity se distingue davantage par une approche tournée vers la recherche d’information assistée, où l’objectif est d’aider l’utilisateur à explorer et synthétiser des résultats. Pour le public, cette diversification est importante : choisir un outil dépend du type de tâche, de la qualité attendue, des sources disponibles et du niveau de contrôle souhaité.

ChatGPT face aux alternatives citées

ChatGPT d’OpenAI

  • Assistant conversationnel généraliste à très grande échelle.
  • GPT-4o renforce les interactions par texte, image et voix.
  • La mémoire, le mode vocal avancé et le GPT Store élargissent les usages.
  • Plus de 200 millions d’utilisateurs hebdomadaires sont revendiqués en 2024.

Claude et Perplexity

  • Claude est un concurrent direct parmi les assistants conversationnels.
  • Perplexity est orienté vers la recherche d’information assistée par IA.
  • Ces services proposent des approches et des interfaces différentes.
  • La concurrence pousse chaque acteur à améliorer modèles, fonctions et expérience utilisateur.

La concurrence ne se limite donc pas à une course au modèle le plus puissant. Elle porte aussi sur l’interface, les modes de recherche, l’accès aux documents, la personnalisation et la confiance accordée aux réponses. Elle oblige OpenAI à enrichir ChatGPT tout en conservant une expérience suffisamment simple pour un public très large.

Pourquoi la voix, l’image et la vidéo sont devenues stratégiques

Pendant longtemps, l’image la plus répandue d’un chatbot était celle d’une fenêtre de texte. L’intégration de la voix et de l’analyse d’images transforme ce cadre. L’IA peut potentiellement accompagner une situation plus proche du quotidien : commenter un document, aider à comprendre un visuel, préparer un oral ou échanger sans clavier.

Cette évolution est souvent qualifiée de multimodale, car le système traite ou génère plusieurs types de contenus. Elle rapproche l’assistant d’une interaction plus complète, mais elle augmente aussi les attentes des utilisateurs. Une réponse vocale convaincante peut sembler plus fiable qu’une réponse écrite, alors que les mêmes précautions de vérification restent nécessaires.

Pour 2025, l’éventualité de capacités liées à la vidéo dans ChatGPT est évoquée à travers Sora, l’outil d’OpenAI associé à la génération vidéo. Des étapes de test sont alors en cours. À cette date, il faut toutefois distinguer une perspective technologique d’une fonctionnalité confirmée et largement accessible. L’analyse ou la génération de vidéo par IA pourrait profondément modifier la création de contenus, mais aussi amplifier les débats sur l’origine des œuvres, le consentement et l’authenticité des images diffusées en ligne.

Un outil déjà présent dans les études et le travail

En deux ans, ChatGPT s’est glissé dans de nombreux usages ordinaires. Dans l’éducation, il peut servir à expliquer une notion, proposer des exercices, aider à reformuler un texte ou préparer un plan. Pour les enseignants comme pour les élèves, il pose simultanément une question de méthode : comment tirer parti d’un assistant disponible à tout moment sans confondre aide à l’apprentissage et production d’un travail sans compréhension ?

Dans les métiers de la communication, du marketing ou de la rédaction, le chatbot peut accélérer les premières étapes d’un travail : trouver des angles, produire une ébauche, résumer un matériau ou adapter un message à plusieurs formats. Son utilité est particulièrement forte lorsque l’on considère sa réponse comme un brouillon à retravailler. La responsabilité éditoriale, la vérification des faits et le jugement professionnel restent indispensables.

Cette diffusion transforme aussi la nature des compétences recherchées. Savoir formuler une demande précise, donner du contexte, repérer une incohérence et améliorer une proposition deviennent des savoir-faire utiles. Mais la compétence la plus décisive demeure la capacité à évaluer le résultat. Une IA peut accélérer une tâche, elle ne garantit ni la pertinence d’une décision ni la justesse d’une information.

Coûts, abonnements et droits : les limites du modèle économique

Les progrès fonctionnels ont un coût. Faire fonctionner des modèles d’IA à grande échelle exige des capacités de calcul considérables. Chaque requête mobilise une infrastructure informatique, et les usages audio, image ou vidéo peuvent accroître les besoins par rapport à un simple échange de texte. OpenAI doit donc financer à la fois l’amélioration de ses modèles et l’accès massif à ChatGPT.

Dans ce contexte, une augmentation substantielle du prix de l’abonnement ChatGPT Plus est envisagée d’ici la fin de 2024, avec d’autres hausses potentielles anticipées jusqu’en 2029. Au 30 novembre 2024, il s’agit d’une perspective, non d’une certitude à présenter comme acquise. Elle révèle néanmoins la tension centrale du secteur : proposer des services toujours plus performants tout en trouvant un modèle économique soutenable.

La question financière rejoint les enjeux éthiques. L’essor de la génération de texte, d’images et potentiellement de vidéos suscite des interrogations sur les œuvres utilisées pour entraîner les systèmes, sur la rémunération des créateurs et sur l’attribution des contenus produits. Les artistes et créateurs ont déjà exprimé des réactions contrastées face aux avancées annoncées autour de la vidéo.

À cela s’ajoutent les risques de désinformation, de contenus synthétiques trompeurs et de dépendance excessive à des outils qui peuvent commettre des erreurs. L’objectif n’est pas de rejeter l’IA générative, mais d’encadrer ses usages : indiquer quand un contenu a été assisté par IA lorsque le contexte l’exige, protéger les données sensibles, vérifier les faits et maintenir une responsabilité humaine identifiable.

Ce qu’il faut surveiller après ce deuxième anniversaire

Au terme de ses deux premières années publiques, ChatGPT a démontré qu’un assistant conversationnel pouvait devenir un produit de grande consommation. Son influence se mesure à son audience, à la rapidité avec laquelle ses fonctions se diversifient et à la réaction des concurrents. Mais cette réussite ouvre une phase plus exigeante que celle de la découverte.

Plusieurs sujets seront déterminants : la disponibilité réelle des fonctions vocales et vidéo, la qualité des réponses face à des demandes complexes, l’évolution du prix des abonnements et la capacité d’OpenAI à répondre aux préoccupations relatives aux créateurs, aux données et à la fiabilité. La concurrence de Claude, Perplexity et d’autres services devrait également continuer à élargir le choix des utilisateurs.

Le bilan de novembre 2024 est donc double. ChatGPT a établi un nouveau standard d’accessibilité pour l’IA générative. Il rappelle aussi qu’une technologie adoptée par des centaines de millions de personnes doit être évaluée non seulement à l’aune de ses prouesses, mais aussi de ses effets concrets sur l’information, l’apprentissage, la création et la confiance numérique.

Questions fréquentes

Quand ChatGPT a-t-il été lancé auprès du grand public ?

ChatGPT a été lancé auprès du grand public le 30 novembre 2022 par OpenAI. Son interface conversationnelle a rendu l’IA générative très accessible : il suffisait de formuler une demande en langage courant pour obtenir un texte, une explication, une synthèse ou des suggestions. Deux ans après, il est devenu une référence mondiale du secteur.

Combien de personnes utilisent ChatGPT en 2024 ?

Au bilan du 30 novembre 2024, OpenAI indique que plus de 200 millions de personnes utilisent ChatGPT chaque semaine. Le site chatgpt.com a aussi dépassé 3 milliards de visites mensuelles en septembre 2024. Ces deux chiffres ne désignent pas la même chose : les visites peuvent être multiples pour un même utilisateur.

Quelles nouveautés ChatGPT a-t-il reçues en 2024 ?

L’année 2024 a notamment été marquée par GPT-4o, l’analyse d’images, la mémoire, le GPT Store et le mode vocal avancé. Ces fonctions permettent d’aller au-delà du simple échange écrit, avec des interactions fondées sur des visuels ou la voix. Leur disponibilité peut toutefois dépendre de l’offre utilisée et du déploiement du service.

ChatGPT est-il toujours le principal chatbot d’intelligence artificielle ?

ChatGPT occupe une place dominante par son audience et sa visibilité, mais il évolue dans un marché devenu très concurrentiel. Claude, développé par Anthropic, et Perplexity, orienté vers la recherche assistée par IA, font partie des alternatives citées. Le meilleur outil dépend du besoin : rédaction, réflexion, recherche d’information ou analyse de contenu.

Peut-on faire confiance aux réponses de ChatGPT ?

ChatGPT peut être très utile pour expliquer, structurer ou reformuler, mais ses réponses doivent être vérifiées lorsqu’elles concernent des faits importants, des sujets médicaux, juridiques, financiers ou professionnels. Le chatbot génère un texte plausible à partir de son entraînement et du contexte fourni. Il peut donc commettre des erreurs ou présenter une information inexacte avec assurance.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Blog du Modérateur, guide et présentation de ChatGPTwww.blogdumoderateur.com/tools/chatgpt
  2. Blog du Modérateur, présentation du modèle GPT-4owww.blogdumoderateur.com/gpt-4o-nouveau-modele-ia
  3. Blog du Modérateur, guide sur Claude d’Anthropicwww.blogdumoderateur.com/claude-ai-comment-utiliser-rival-chatgpt
  4. Blog du Modérateur, guide sur Perplexitywww.blogdumoderateur.com/perplexity-guide-bien-utiliser-moteur-recherche-assiste-ia
  5. Blog du Modérateur, disponibilité du mode vocal avancé de ChatGPTwww.blogdumoderateur.com/chatgpt-mode-vocal-avance-disponible-gratuitement