Adobe Summit 2025 : dix agents IA pour orchestrer la relation client
À Adobe Summit 2025, Adobe annonce dix agents d’intelligence artificielle destinés aux équipes marketing et à la relation client. Réunis par un orchestrateur central, ils doivent aider les entreprises à exploiter leurs données, produire des contenus et piloter des parcours personnalisés, y compris au-delà des applications Adobe.

Adobe ne présente plus l’intelligence artificielle comme une simple fonction d’assistance à la création. Lors d’Adobe Summit 2025, organisé à Las Vegas en mars 2025, l’éditeur a dévoilé une gamme de dix agents d’IA conçus pour prendre en charge des tâches précises du marketing et de la gestion de l’expérience client. Leur ambition : faire travailler ensemble données, contenus, analyses et parcours de communication, sans imposer aux entreprises de rester enfermées dans un seul environnement logiciel.
Au centre de cette stratégie se trouve Adobe Experience Platform Agent Orchestrator. Derrière ce nom technique, Adobe propose une couche de coordination destinée à faire coopérer plusieurs agents spécialisés, issus de ses propres applications ou d’écosystèmes tiers. Pour les marques, l’enjeu est considérable : la personnalisation à grande échelle ne dépend plus seulement de la quantité de données collectées, mais de la capacité à les utiliser rapidement, de façon cohérente et sous contrôle.
Adobe veut faire passer l’IA du conseil à l’action
Un agent d’intelligence artificielle ne se résume pas à une fenêtre de discussion capable de rédiger une réponse. Dans le contexte présenté par Adobe, il s’agit d’un logiciel orienté vers un objectif précis. Il peut s’appuyer sur un modèle de langage pour comprendre une demande formulée en langage courant, consulter les informations auxquelles il est autorisé à accéder, puis exécuter ou préparer certaines actions dans les outils de l’entreprise.
La différence est importante pour les équipes marketing. Un assistant classique peut, par exemple, proposer le texte d’une campagne. Un agent consacré aux contenus peut aller plus loin : aider à organiser la production, respecter les règles de marque définies par l’entreprise et préparer des éléments utilisables dans un flux de travail. Un autre agent peut aider à identifier une audience, un troisième à bâtir un parcours de communication, un quatrième à analyser les résultats.
Adobe présente donc ses dix agents comme des spécialistes complémentaires plutôt que comme un unique assistant universel. Ils sont pensés pour fonctionner avec les briques de l’offre Adobe Experience Platform, la plateforme de données et d’expérience client du groupe.
Quels sont les dix agents IA annoncés par Adobe ?
La première série cible des opérations fréquentes dans les grandes organisations : définir des segments de clientèle, concevoir une séquence de messages, tester des variantes d’une expérience, produire du contenu ou encore exploiter des données. Chaque agent correspond à un domaine métier particulier.
| Agent présenté par Adobe | Rôle visé dans l’entreprise |
|---|---|
| Audience Agent | Aider à créer et affiner des audiences à partir des données clients disponibles. |
| Journey Agent | Aider les équipes à concevoir et optimiser des parcours de communication client. |
| Experimentation Agent | Faciliter les expérimentations destinées à améliorer une expérience ou une campagne. |
| Content Production Agent | Soutenir la création et l’organisation de contenus marketing. |
| Site Optimization Agent | Aider à identifier des pistes d’optimisation de l’expérience sur un site web. |
| Product Support Agent | Assister les utilisateurs dans la résolution de problèmes liés aux applications Adobe Experience Platform. |
| Account Qualification Agent | Aider les organisations B2B à qualifier des comptes et des opportunités. |
| Data Engineering Agent | Accompagner les tâches liées à la gestion et à l’organisation des données. |
| Data Insights Agent | Simplifier l’exploration des données et la production d’enseignements exploitables. |
| Workflow Optimization Agent | Aider à planifier, suivre et optimiser des processus de travail entre équipes. |
Cette répartition illustre la vision d’Adobe : l’IA ne doit pas être cantonnée à la génération d’images ou de textes, deux domaines auxquels la marque est déjà associée avec ses outils créatifs. Elle doit aussi s’intégrer aux étapes moins visibles du marketing, celles qui consistent à préparer les données, définir une cible, arbitrer entre plusieurs versions, mesurer les effets d’une campagne et coordonner les intervenants.
Pour autant, le mot « agent » ne garantit pas à lui seul un gain de temps. Un agent d’audience ne peut produire des segments pertinents que si les données sont fiables, correctement structurées et utilisables dans le respect des choix des personnes concernées. Un agent de contenu reste tributaire des instructions, des contraintes de marque et de la validation humaine. Adobe propose ici une architecture et des outils, pas une recette automatique de la personnalisation.
À quoi sert l’Agent Orchestrator d’Adobe Experience Platform ?
L’élément le plus stratégique de l’annonce est sans doute Adobe Experience Platform Agent Orchestrator. Son rôle est de relier les agents entre eux et de permettre leur coordination dans une même tâche. Au lieu de demander séparément une audience à un premier outil, un parcours à un deuxième, puis une analyse à un troisième, une entreprise pourrait construire un enchaînement dans lequel ces fonctions se transmettent le contexte nécessaire.
Prenons un cas simple. Une équipe souhaite améliorer l’engagement d’un groupe de clients sur son site. Un agent peut aider à définir l’audience concernée. Un deuxième peut contribuer à préparer un parcours de messages. Un agent de contenu peut ensuite participer à la création des éléments nécessaires, tandis qu’un agent d’expérimentation aide à comparer différentes variantes. Enfin, un agent d’analyse peut rendre les résultats plus lisibles. L’orchestrateur est censé coordonner cet ensemble, plutôt que de laisser les utilisateurs naviguer manuellement d’un logiciel à l’autre.
Cette logique répond à une difficulté bien connue des grandes entreprises : les données clients, les outils de création, les outils d’analyse et les plateformes de campagnes sont souvent disséminés entre de nombreux services. La qualité d’une expérience personnalisée peut alors être freinée par des transferts manuels, des informations incomplètes ou des décisions prises trop tard.
Adobe indique que son orchestrateur est conçu pour gérer des agents de l’éditeur, mais aussi des agents et applications venant d’autres écosystèmes. Cette ouverture est essentielle sur le papier. Les entreprises utilisent rarement un seul fournisseur, et une plateforme qui ne dialogue pas avec les outils déjà en place risquerait d’ajouter une couche de complexité au lieu d’en supprimer.
L’interopérabilité, une promesse décisive mais exigeante
Le terme « interopérable » mérite d’être précisé. Il ne signifie pas que n’importe quel logiciel peut automatiquement échanger n’importe quelle donnée avec n’importe quel agent. Dans la pratique, il faut définir des connecteurs, des droits d’accès, des formats de données, des règles de sécurité et des responsabilités. L’objectif affiché par Adobe est de permettre à son environnement de s’intégrer à des flux de travail plus larges, pas d’effacer ces contraintes.
Pour une marque, cette interopérabilité peut néanmoins éviter deux écueils. Le premier est de devoir recopier sans cesse des informations entre applications. Le second est de perdre le contexte d’une action quand elle passe d’une équipe à l’autre, par exemple du marketing à la création, puis à l’analyse.
Automatisation classique et agents orchestrés
Automatisation classique
- Chaque outil réalise une tâche définie dans son propre périmètre.
- Les transferts de données et de contexte sont souvent manuels.
- Les équipes configurent des règles fixes pour des scénarios prévus à l’avance.
- L’analyse, la création et l’activation restent fréquemment séparées.
Agents orchestrés par Adobe
- Des agents spécialisés peuvent contribuer à un même flux de travail.
- L’orchestrateur vise à conserver le contexte entre plusieurs tâches et outils.
- Les modèles de langage peuvent aider à interpréter des demandes formulées en langage courant.
- L’ouverture annoncée aux écosystèmes tiers cherche à relier davantage d’applications.
La promesse des agents orchestrés est donc moins celle d’un marketing entièrement automatisé que celle d’un travail mieux relié. Les professionnels pourraient confier les tâches répétitives ou exploratoires à des assistants spécialisés et concentrer leur temps sur les choix éditoriaux, commerciaux et créatifs. Cela suppose toutefois que l’organisation conserve une vision claire de ce que fait chaque agent et des données mobilisées.
Comment ces agents peuvent-ils modifier l’expérience client ?
L’objectif final d’Adobe est d’améliorer la pertinence des interactions entre une marque et ses clients. Sur un site web, dans un service de support ou au sein d’un parcours de communication, un consommateur attend généralement une réponse rapide, compréhensible et adaptée à sa situation. Les agents annoncés visent à aider les entreprises à rendre ces échanges plus cohérents.
Cela peut prendre plusieurs formes : proposer un contenu correspondant davantage à un centre d’intérêt, guider un visiteur vers une information utile, détecter qu’une séquence de communication produit peu d’effet ou aider une équipe à tester plusieurs présentations. Ces usages s’appuient sur l’idée que les modèles de langage deviennent réellement utiles lorsqu’ils sont reliés à des données d’entreprise et à des logiciels capables d’agir.
Mais la personnalisation comporte aussi des limites. Une recommandation fondée sur une donnée erronée peut être inadaptée. Un message trop insistant peut être perçu comme intrusif. Une réponse générée sans contrôle peut ne pas respecter le ton de la marque ou les règles applicables. Les agents peuvent accélérer le traitement de nombreuses tâches, mais ils ne remplacent ni la connaissance des clients ni la responsabilité éditoriale des entreprises.
La sécurité et la confidentialité constituent, dans ce contexte, des sujets centraux. Adobe met en avant son approche de la gestion de l’expérience client en entreprise. Avant de déployer ce type d’outil, les organisations devront néanmoins examiner concrètement les droits d’accès accordés aux agents, les données transmises à leurs différents outils et les mécanismes de validation prévus pour les contenus ou actions sensibles.
Adobe Express complète le dispositif côté création
Lors d’Adobe Summit 2025, Adobe a aussi dévoilé de nouvelles fonctionnalités d’entreprise pour Adobe Express. Cette partie de l’annonce rappelle que la stratégie du groupe ne se limite pas à l’analyse de données ou à l’automatisation marketing. Adobe entend également rendre la production de contenu plus fluide pour les équipes qui ne sont pas nécessairement des spécialistes des logiciels créatifs les plus avancés.
Le rapprochement entre Adobe Express et les agents d’Experience Platform est logique. Une campagne personnalisée exige souvent de nombreuses déclinaisons : formats différents, messages adaptés à des segments précis, versions destinées à plusieurs canaux. Les outils de création et les outils de relation client ont longtemps évolué séparément. Adobe cherche à les rapprocher dans une même chaîne de production.
Cette intégration peut séduire les organisations qui veulent accélérer la diffusion de leurs contenus tout en conservant des cadres de marque communs. Là encore, l’efficacité dépendra de la préparation : modèles validés, règles claires, rôles bien répartis entre les équipes et contrôle des livrables avant publication.
Pourquoi Adobe mise-t-il sur les agents IA maintenant ?
L’annonce intervient alors que les grands fournisseurs de logiciels d’entreprise multiplient les offres d’agents IA. Ces acteurs ne vendent plus seulement des plateformes permettant de stocker des données ou d’envoyer des campagnes. Ils cherchent à devenir la couche qui aide les salariés à agir dans ces plateformes. Salesforce, notamment, a également intégré des agents d’intelligence artificielle à son offre.
Pour Adobe, la position est particulière. Le groupe possède à la fois des outils de création, une offre d’expérience client et des technologies d’analyse. Les agents constituent un moyen de relier ces actifs. Ils peuvent servir de passerelle entre la personne qui imagine une campagne, celle qui conçoit les contenus, celle qui pilote les données clients et celle qui mesure les résultats.
Le marché ne se jouera toutefois pas uniquement sur le nombre d’agents annoncés. Les clients évalueront la simplicité de déploiement, la qualité des intégrations avec leurs outils existants, la maîtrise des coûts, la sécurité des données et, surtout, les résultats obtenus. Une entreprise préférera un agent très spécialisé mais fiable à un assistant polyvalent incapable de s’insérer dans ses procédures réelles.
Ce qu’il faut surveiller après Adobe Summit 2025
La présentation des dix agents fixe une direction claire : Adobe veut faire de l’IA un composant actif de l’expérience client, de la donnée à la création de contenu. Le point le plus important à suivre sera la manière dont ces agents seront effectivement intégrés dans les environnements des clients et dans les applications tierces.
Il faudra aussi observer le niveau de contrôle proposé aux entreprises. Pour être adoptés durablement, ces outils devront permettre de définir des permissions précises, de vérifier les actions réalisées, de corriger les recommandations et de conserver une supervision humaine sur les décisions importantes. L’automatisation est particulièrement utile quand elle rend les équipes plus rapides sans rendre leurs processus opaques.
Enfin, le succès de cette stratégie dépendra de son adoption par les métiers. Les agents peuvent réduire certaines frictions techniques, mais ils imposent aussi de nouvelles habitudes : formuler des objectifs précis, vérifier les résultats générés et organiser la responsabilité entre marketing, données, création et informatique. C’est sur ce terrain concret, plus que dans les démonstrations, que se mesurera la portée de la nouvelle offre d’Adobe.
Questions fréquentes
Quels sont les agents IA annoncés par Adobe à Adobe Summit 2025 ?
Adobe a présenté dix agents destinés aux activités de marketing et d’expérience client. Ils concernent notamment les audiences, les parcours clients, l’expérimentation, la production de contenu, l’optimisation de sites, le support produit, la qualification de comptes B2B, l’ingénierie des données, l’analyse et l’organisation des flux de travail.
Qu’est-ce qu’Adobe Experience Platform Agent Orchestrator ?
Adobe Experience Platform Agent Orchestrator est la couche de coordination annoncée par Adobe pour faire travailler ensemble plusieurs agents d’IA. Son rôle est d’aider les entreprises à relier des agents Adobe, des applications et des outils tiers dans des flux de travail qui mobilisent données clients, contenus, analyses et actions marketing.
Les agents IA d’Adobe peuvent-ils fonctionner avec des outils non Adobe ?
C’est l’une des promesses centrales de l’annonce. Adobe indique que son orchestrateur est conçu pour coordonner des agents provenant de ses applications et d’écosystèmes tiers. Dans les faits, cette interopérabilité dépendra des intégrations disponibles, des connecteurs, des droits d’accès et de la qualité des données utilisées par l’entreprise.
Les agents Adobe remplacent-ils les équipes marketing ?
Non. Ces outils visent surtout à assister les équipes dans des tâches répétitives, l’exploration de données, la préparation de contenus ou la coordination de processus. Les collaborateurs restent nécessaires pour définir les objectifs, vérifier la pertinence des résultats, protéger la cohérence de marque et valider les actions ayant un impact sur les clients.
Les nouveaux agents IA d’Adobe sont-ils immédiatement utilisables ?
Adobe a dévoilé cette gamme lors d’Adobe Summit 2025 comme une extension de son offre destinée aux entreprises. L’accès effectif à chaque agent dépend toutefois des produits Adobe Experience Platform utilisés, de la configuration retenue par l’organisation et du calendrier de déploiement des fonctionnalités dans son environnement.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Adobe Newsroom, annonce des agents IA pour l’expérience clientnews.adobe.com/news/news-details/2025/Adobe-Unveils-AI-Agents-to-Redefine-Customer-Experience/default.aspx
- Adobe Experience Platform, présentation officielle de la plateformebusiness.adobe.com/products/experience-platform/adobe-experience-platform.html
- Adobe Summit, site officiel de l’événementbusiness.adobe.com/summit/adobe-summit.html



